"L'accessibilité" des sites internet désigne leur capacité à être visités par des personnes handicapées, et notamment (voire exclusivement) par des mal voyants ou des aveugles qui utilisent alors des logiciels spécialisés qui lisent le contenus de la page visitée. Pour que ces logiciels fonctionnent correctement, il faut cependant que la page web soit conçue selon certaines normes, définies et répertoriées par le W3C au travers de son projet WAI (Web Accessibility Initiative) créé en 1996. (par exemple mettre un texte alernatif sur les images, surtout celes qui sont cliquables, ne pas construire sa page en tableaux mais plutôt en layers, etc).

Le public concerné étant plutôt restreint (1,7 millions de personnes en France sont mal voyantes ou aveugles), les entreprises se soucient peu en général de cette accessibilité de leurs sites. C'est pourquoi un texte législatif est venu contraindre les administrations à avoir des sites "accessibles" (que ce nom est mal choisi), par l'entremise de l’Agence pour le Développement de l'Administration Electronique (ADAE). L'ADAE travaille en lien avec le centre de ressources et de recherche Accessiweb créé par l'association BrailleNet sur la base de la norme internationale WCAG1.0. Des lors, Accessiweb devient un label français sanctionnant les sites "accessibles", via ses certifications bronze, argent et or (selon le degré d'application des normes WAI).

Avec ses homologues espagnol (Fundosa Teleservicios) et belge (Web Ona), ils ont signé la création jeudi dernier d'un label commun baptisé Euracert. Pour l'obtenir, il faudra d'abord accéder au label national, obtenu après une phase d'audit pendant laquelle les organismes de certification vérifient que le site respecte les recommandations internationales W3C/ WAI. Puis il faudra ajouter un peu d'argent pour obtenir le label européen. Ainsi, en France, le label bronze Accessiweb coûte 1900 euros. Il faudra ajouter 600 euros pour obtenir le label Euracert. Il sera valable deux ans, pendant lesuqles un audit est réalisé tous les six mois tandis qu'en parallèle, un canal de plaintes est ouvert afin que les internautes puissent signaler l'ajout d'un contenu non accessible.

Encore des coûts et des contraintes, qui ne séduiront certainement pas les entreprises, soit disant encouragées à travailler en ce sens. On ne recense en effet à ce jour que 3% des sites européens accessibles (reste à savoir si ces 3% désignent les sites ayant acheté un label ou ceux qui répondent effectivement aux normes WAI). 20 sites seulement en France ont acquis le label d'Accessiweb.Et le surtcoût pour réaliser ou adapter un site en acessibilité dépasse souvent 20% du budget normal. Enfin, l'Euracert n'est pas encore vraiment Européen, mais ne concerne que les trois pays signataires. Disons que c'est un premier pas vers un label unique.