Hadopi (acronyme de : Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur l'internet).
Le nom ferait presque penser à celui d'un jouet pour gamin de 5 ans, et pourtant, il s'agit là d'un projet très sérieux que certains jugent liberticide et qui fait énormément parler de lui.
Parmi ses détracteurs on peut mentionner la Cnil, l'ISOC et même le parlement européen.

Le principe du projet est de punir les internautes téléchargeant illégalement des fichiers avec la méthode de la riposte graduée :

  • 1ere infraction : Un mail d'avertissement est envoyé.
  • 2nd infraction : Un second mail est envoyé (avec possibilité de lettre recommandée)
  • 3eme infraction : L'abonnement Internet du titulaire est suspendu pour une durée de 3 mois à 1 an. (avec impossibilité de souscrire à un autre FAI durant ce temps)

Il est important de noter que le coupable n'est pas le pirate, mais le propriétaire de l'abonnement. Ce qui signifie :

  • Le fiston de 12 ans pirate du Lorie, c'est toute la famille qui n'a plus internet.
  • La petite mamie se fait pirater sa connexion wifi parce qu'elle n'a jamais entendu parler de WEP ou WPA, elle est pénalement responsable.
  • Vous avez une clé WEP mais vous vous faites pirater quand même. Tant pis pour vous.

A noter également, le paiement de l'abonnement Internet n'est pas suspendu durant la sanction. Le FAI recevra toujours ses 30 euros (voir plus) par mois. Évidemment rien n'empêche un petit malin de résilier (puisque sous certaines conditions c'est gratuit) puis se réabonner une fois la sanction finie.

Petite fleur du gouvernement : En cas d'offre tripleplay, la télévision et le téléphone seront toujours actifs (encore heureux). Il est utile de préciser également qu'ils ne coupent ni l'eau courante ni l'électricité (pour le moment).

Un recours en justice est possible en cas de défaillance du logiciel de filtrage (ou de piratage de la ligne). Seulement, en considérant qu'il faut généralement plus de 6 mois pour obtenir quelque chose de la justice, on peut se demander si il ne sera pas plus simple pour la victime de patienter jusqu'à la fin de la sanction.

L'énorme problème de ce projet est qu'une fois qu'il sera en place et bien rodé, les maisons de disques auront de nouveaux les pleins pouvoirs (qu'elles étaient en train de perdre petit à petit), et la licence globale sera définitivement enterrée. Les maisons de disques continueront à créer une forme d'envie sous forme de publicité et de matraquage de chanson (moyenne voir complètement nulle), pour finalement proposer des prix élevés avec un rapport qualité/prix frôlant le zéro absolu (idem pour le cinéma).

De plus le projet n'est même pas encore lancé que la méthode est déjà obsolète, l'échange de fichier évoluant peu à peu du P2P (ce qui sera filtré) aux hébergeurs de fichier (rapidshare...) et aux newsgroups.

Pour finir une petite BD très marrante de Flock de clubic.

BD Hadopi